Tourisme et sortie de crise – Covid 19

COMMENT ENVISAGER L’APRES-CONFINEMENT ?

Le secteur du tourisme est fortement impacté par l’absence de tout déplacement engendré par les mesures de confinement. L’activité gelée, on guette avec impatience le signal de retour à une vie normale. Mais ce retour sera-t-il si « normal » ? Une chose est sûre, il faut se préparer à rebondir. Essayer d’anticiper l’état des lieux à la sortie de la crise, pour éviter au secteur le maximum des conséquences néfastes qu’il se prépare à essuyer. Et ce n’est pas une mince affaire.

L’heure est en effet à l’incertitude. Il est extrêmement compliqué pour les professionnels du tourisme, comme pour ceux des autres secteurs secondaires, de se projeter sans avoir aucune idée de date. En France, nous sommes pour l’instant confinés jusqu’au 16 avril ; on imagine cependant que cette période sera prolongée étant donnée le stade de propagation du virus. La Belgique a d’ores et déjà annoncé que l’activité ne reprendrait pas avant le 3 mai au minimum. La plupart des prestataires touristiques imaginent qu’ils auront relancé leur activité au 1er juillet. D’autres institutionnels en France ou à l’international, bien plus pessimistes, parlent d’une année totalement blanche. Chacun de ces scénarios se tient, mais aucun ne requiert la même préparation. Pas évident d’anticiper quoi que ce soit avec le niveau de prévision quasi inexistant dont nous disposons !

L’une des choses à prendre en compte, c’est que la relance du tourisme se fera par les touristes. Et que par conséquent, le tourisme à court terme à la sortie du confinement dépendra de la manière dont ses pratiquants ont vécu leur confinement.

Or, ce vécu, qui va continuer à évoluer et se modifier tant que durera le confinement, est très différent d’un individu à l’autre. On peut penser que des gens confinés plusieurs semaines n’auront d’envie que de sortir de chez eux, de prendre l’air, de respirer au soleil et de laisser leurs sens s’éveiller au contact de la nature. Peut-être cette catégorie de confinés sans autre contact social que celui de sa famille rêve-t-il de bains de foule et d’un retour à la sociabilisation qui se fera d’autant plus violent qu’ils en ont été éloignés pendant trop de temps. Les membres d’une famille avec enfants enfermée en appartement auront peut-être plus envie de revoir les amis, ou de profiter d’un temps pour souffler, que de prévoir de nouveau une semaine juste en famille à l’été. Au contraire, des gens confinés loin de leurs proches mettront les retrouvailles avec la famille au premier plan dans leurs projets de vacances. Et puis, tout le monde n’est pas confiné en appartement, loin de là. Ceux qui sont à la campagne n’auront pas les mêmes aspirations de liberté simple et de plein air que ceux des villes, s’ils disposent déjà de cette qualité de vie ; ils seront peut-être par-là moins intéressés par de simples sorties en ville, ou des excursions à la journée. La sociabilisation n’est pas la même non plus à la campagne, où les relations de voisinage sont souvent plus naturelles qu’en ville. Et puis surtout, il faut soulever que les possibilités financières de prendre des vacances ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Pour pouvoir changer d’air, il faut en avoir les moyens.

Sans trop pouvoir définir les aspirations de la population en matière de tourisme, une fois sortie de confinement, on peut déjà imaginer que ces aspirations seront multiples. Et donc que la possibilité de rebond du tourisme pourra s’activer sur plusieurs plans, autant autour de séjours que de sorties à la journée, autant en ville qu’à la campagne.

Ce qui semble cependant se dégager dans tous les cas, c’est que le grand gagnant de cette crise sera le tourisme de proximité au moins à court terme. Une réponse toute trouvée aux aspirations créées par le confinement : une envie de partir, mais de manière accessible à la fois sur les plans financiers et géographique ; un besoin de retrouvailles familiales sur le territoire ; peut-être après l’angoisse traversée par cette période également un besoin de sécurité qui se dégagerait et motiverait par là un départ pas trop éloigné de son lieu d’habitation.

Le Covid 19 est-il en train de propulser l’essor d’un tourisme local ?

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