Overtourisme : quelles solutions ?

Overtourisme, un sujet à la mode. Et pour cause, il est intimement lié avec les problématiques toujours plus actuelles d’équilibre du tourisme sur un territoire.

Le directeur d’Atout France alertait fin 2018 sur les conséquences néfastes d’un tourisme non maîtrisé : « La France n’est pas encore dans le surtourisme, mais, si on ne bouge pas, on y sera dans trois ou quatre ans. Le sujet est très grave. »  Après le développement explosif de l’attractivité du territoire, la maîtrise de l’organisation des flux et la limitation du tourisme sont devenues des enjeux prioritaires pour les destinations.

Que faire face au danger du sur-tourisme ?

Comment éviter la tourismo-phobie de la part des habitants, et la détérioration de l’image de la destination dans la perception des visiteurs ? Comment continuer à attirer des touristes sur son territoire sans pour autant faire fuir les habitants ? Il incombe aux destinations de protéger la qualité de vie de ses résidents, son patrimoine culturel et naturel, tout en continuant à valoriser son territoire auprès des touristes.

L’enjeu du désengorgement est double : aérer les zones à forte densité touristique, et développer les zones rurales pour leur part encore peu bénéficiaires des retombées économiques du tourisme. En somme, attirer vers les campagnes une partie des touristes qui se concentrent sur des faibles superficies. La clé de l’équilibre réside dans la juste mesure. On a jusqu’ici cherché à attirer au maximum les touristes sur les villes ou les côtes, qui présentent les infrastructures les plus à même d’accueillir des flux touristiques importants. On cherche à présent à les accompagner hors de ces régions « chaudes » tout en les gardant sur le territoire. L’objectif n’est pas de stopper l’accueil, mais de le diversifier en étendant la zone d’intérêt touristique à des endroits moins visités.

Quelles solutions pour équilibrer le tourisme dans les destinations populaires ?

Limiter l’afflux de touristes sur place

Diverses solutions ont été pensées et mises en oeuvre par les destinations pour tenter de gérer cette crise du surtourisme localement.

  • Fixer des limites à la location touristique. C’est ce qu’ont entrepris Paris, Londres ou encore Amsterdam, qui restreignent la location de la résidence principale à 120 jours par an maximum. Cette mesure contre notamment le phénomène Air BNB, suivant lequel il est plus rentable pour les habitants de louer leur résidence sur la plateforme de manière occasionnelle à des touristes plutôt que de la louer en habitat longue durée. Ce qui entraine un risque de désertification des villes par les habitants fuyant une hausse inconsidérable du prix des loyers. Majorque quant à elle se lance dans la limitation plus radicale du nombre de logements de tourisme. Le tourisme dépend de la disponibilité des logements sur place. Ces restrictions sur le logement entrainent donc une certaine maitrise du nombre de touristes par période.
  • Adopter des systèmes de réservation pour les zones saturées. C’est ce à quoi pensait Venise sur la place Saint-Marc par exemple, épicentre bouillonnant d’un tourisme de masse extrêmement compliqué à gérer. Il s’agit ici de contrôler et fluidifier le flux de touristes sur la place en imposant une inscription à des créneaux de passage sans laquelle l’accès à la place serait interdit.
  • Augmenter les taxes de séjour. Si les bons plans budget sont source de ruée vers une destination, des prix un peu plus élevés que la moyenne sont pour leur part dissuasifs. Tout en n’étant pas bloquants pour la plupart des touristes. La taxe de séjour est un bon intermédiaire pour réduire le tourisme de masse sans pour autant l’annihiler ou ternir l’image de la destination.

Diversifier pour répartir

Mais si ces actions sont indispensables, elles ne suffisent pas à gérer la population touristique excessive sur ces zones de territoire réduites. Rétablir l’équilibre du tourisme passe également par la mise en place d’actions de diversification des offres de séjour, sous trois formes principales.

  • La diversification des périodes de séjour: étaler les séjours dans le temps. Face à la surpopulation touristique sur la haute saison, cette solution est basée sur le développement du hors saison pour répartir le flux de tourisme sur toute l’année.
  • La diversification des offres touristiques. Désaturer les endroits sur-bondés requiert également la multiplication des spots d’intérêt. Cela peut résider tant dans la construction de nouvelles activités (musées, ouverture de châteaux, aménagement de plages ou panoramas…) que dans la promotion d’activités jusque-là peu connues dans l’univers du tourisme. Les activités outdoor ou slow tourisme par exemple fleurissent depuis peu et recueillent l’engouement de leurs visiteurs.
  • La diversification des lieux : étaler les séjours dans l’espace. « Investir là où il y a un début de développement pour améliorer l’offre », comme le présentait Christian Mantei, directeur général d’Atout France. Là encore, multiplier les propositions pour lisser la répartition de tourisme sur chacune d’entre elles. Les offres de nouveauté résident ici dans le développement d’autres destinations, et principalement de zones de faible concentration touristique comme les campagnes.

Credit Photo : xavierarnau/iStock

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